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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 00:00

Ccix Aheddad, un symbole de résistance contre la colonisation


Figure de la résistance contre l’invasion française en Algérie, Ccix Aheddad à qui on doit en partie le mouvement insurrectionnel en Kabylie en 1871, est plus que jamais ancré dans les mémoires collectives.

L’association des activités de jeunes qui lui est éponyme, lui témoigne toujours sa profonde gratitude en organisant des manifestations culturelles à chaque anniversaire de l’insurrection.     


Sedduk Ufella (le haut Sedduk) est un petit village qui frappe l’attention par sa beauté et sa splendeur. Accroché au flanc d’un récif montagneux, il a l’honneur d’enfanter le guide spirituel de la confrérie Rahmania et maître d’oeuvre incontestable du mouvement insurrectionnel en Kabylie en 1871.

De son vrai nom Ccix Mohand Ameziane Aheddad, Ccix Ahedad avait 80 ans quand il lança un appel à la guerre sainte contre la présence coloniale en Algérie ;un appel ; qui trouvera écho et auquel ne tarderont pas à obéir les tribus des deux Kabylie ,soutenues également par le Bachagha Mokrani dont le nom est entré aussi dans la légende.

Sa maison qui renferme encore de nos jours taxelwit n’Ccix (le temple du Ccix) où il menait une vie austère, d’ascète, doit en réalité son salut à la mobilisation des citoyens de la région qui se sont joints à la ligne ancestrale fondée sur les sens de déterminisme et d’abnégation pour la reconstruire, laissant - de fait - mémorables les activités de ce légendaire personnage dans le mouvement insurrectionnel.

Cette demeure était, dans le temps, visitée par des personnes, généralement des malades ou des impotents se trouvant dans l’impossibilité de bouger ou de se mouvoir mais qui trouvaient une solution idoine dans la baraka du Ccix. D’ailleurs líon continue de nos jour de dire que la quasi totalité de ces visiteurs revenaient sains sans trace aucune de leur souffrance.

Malgré sa décision de cabrer la population et de la faire se joindre à un mouvement insurrectionnel pour la reconquête de la souveraineté nationale, jusqu’à alors entre les mains de la France, n’a pas suscité l’adhésion unanime des cheikhs de zaouïas, dont l’influence sur la population était incontestable, il décida le 8 avril 1871, au milieu d’une foule composée de plusieurs milliers de personnes dans un marché, de décréter le djihad contre l’occupant français. Après avoir dirigé la prière, il a jeté son bâton par terre et s’est écrié : "Inchallah nous jetterons Irurmyen (les français) en mer comme je jette ce bâton par terre. "

Ainsi commença la révolte contre l’occupant ; à laquelle participeront plus de 20 000 Kabyles qui ne tarderont pas à perdre la bataille comme l’a prédit auparavant Ccix Mouhand Ulhusin. Celui-ci qui demandait à Ahedad si les conditions étaient réunies (en ce qui concernait notamment le ravitaillement et les munitions ), eut droit à une réponse négative ce qui l’amena à prédire la débâcle. Ceci n’étant pas du goût du leader charismatique du mouvement l’amena à continuer dans la voie insurrectionnelle. Lorsqu’ il comparut devant le juge français au printemps 1873 à Constantine, il fit remarquer au juge qui décida d’une sentence de cinq ans que le délai carcéral ne serait que de 5 jours. "Vous me donnez cinq années, Dieu ne m’accorde que cinq jours." Ainsi il mourut au cinquième jour de sa détention. Il repose aujourdíhui au cimetière de Sidi Mabrouk où sa tombe fait encore l’objet de visites quotidiennes. Ses deux fils M’hand et Aziz, qui ont encadré le mouvement de 1871, eurent tous les deux presque le même destin. Ils seront déportés en Nouvelle Calédonie.

L’Algérie, qui a enfanté ce personnage légendaire, en a aussi enfanté d’autres à l’image d’Abdelkader et la gent féminine n’a pas manqué de se joindre aux différents efforts consentis dans le sens de casser le joug colonial. Cette image est ainsi incarnée par une femme kabyle n’ayant rien à envier à la légendaire française Jeanne d’Arc. Elle s’appelle Lala Fatma N’Soumeur native de la Kabylie et qui a donné du fil à retordre aux forces occupantes qui buteront un siècle plus tard sur l’une des résistances les plus aguerries : Celle de 1954 .

lundi 30 octobre 2006 Kaci Racelma (AEM) Alger, Algérie

Sources : Afriqu’Echos Magazine

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Published by Kaci Racelma - dans Histoire
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