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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 00:00

Mohand Said Lechani (1893-1985),

Figure historique de la Kabylie contemporaine, il est le pionnier de l'enseignement indigène en Algérie, berbérisant précurseur et militant socialiste de la première heure de tendance Jauréssienne.

Diplômé de berbère de l'Institut des Hautes études de Rabat en 1919 et de la Faculté des lettres d'Alger en 1948, il fut notamment l'élève de Boulifa et d'Emile Laoust puis plus tard compagnon de recherches d'André Picard. Lechani est fondateur en 1922 de la revue "La Voix des humbles" puis participe à la naissance d'"Alger Républicain" en 1938. Pionnier de la pédagogie nouvelle dans les années 33-34 (pédagogie Freinet) , il représente la Kabylie au Conseil général, à l'Assemblée financière et à la Commission supérieure des réformes musulmanes. Il est l'auteur de deux grandes réformes: la naissance des centres municipaux en Kabylie à son initiative en 1946 et la fusion des enseignements en 1948 réalisant ainsi l'école unique pour tous sans distinction de race et de religion ou d'origine. Proche des figures anti-colonialistes comme Alain Savary et Charles André Julien du côté français; d'Abderrahmane Farès et d'Ahmed Boumendjel du côté algérien. Il rejoint le FLN et le GPRA à partir de fin 1955 lors de la Guerre d'Algérie. Décèdé le 25 mai 1985, il est inhumé dans son village natal d'Ait Halli (Irjen : Ait Iraten). Il laisse de nombreux écrits notamment sur la langue kabyle. Son œuvre est partiellement publiée en 1996 à titre posthume.

Encyclopédie Wikipedia


Un défenseur méconnu de la langue berbère

C’est le 25 mai de l’année 1985 que disparaît Lechani Mohand Saïd après avoir lutté toute sa vie durant pour le triomphe de certaines nobles idées qui ont pour noms : Berbérité, modernité, et laïcité.

Faisant partie des premiers instituteurs indigènes sortis de l’école de la France coloniale, il ne tardera pas à faire parler de lui en activant sur tous les fronts. La pédagogie, la politique et le journalisme sont les principales activités de cet intellectuel qui fait feu de tout bois. En 1912 à peine âgé de 19 ans, le voilà intégrant le section française de l’International Ouvrière (SFIO), qu’il ne quittera que deux années après le déclenchement de la guerre d’indépendance pour rejoindre le FLN. Mais entre temps, il a déjà fait ses preuves en matière de militantisme dans les rangs de la SFIO et aura accumulé plusieurs postes de responsabilité politique. Il a été tour à tour représentant de la Kabylie au conseil général d’Alger, membre de l’assemblée financière d’Algérie, maire de la commune d’Irjen, Grande Kabylie...... etc. Ses activités politiques aussi intenses soient-elles ne l’ont pas complètement détaché de son autre pôle d’intérêt : la pédagogie. Elément actif du corps des Instituteurs "indigènes", il fonde avec quelques uns de ses camarades, en 1922, “La voix des humbles” une revue qui sert en quelque sorte de porte-voix aux instituteurs "indigènes". Cette revue permettra à Lechani d’exposer ses théories didactiques et d’évoquer les sujets de l’heure intéressant la politique scolaire. Mais, peut être, la chose, qui l’a entièrement comblé dans ce domaine, c’est la suppression en 1948 de l’enseignement "indigène", chose pour laquelle il a ardemment lutté. « L’école ne doit être ni congrégationniste ni ségrégationniste. Elle doit s’ouvrir à tous les enfants et les rassembler en son semi sans regarder à leur appartenance raciale ou religieuse ». Telle est l’école pour laquelle Lechani a milité et le temps lui a donné raison. Plus tard, à l’indépendance de l’Algérie, toujours égal à lui même, il écrira : “L’enseignement sera assuré par l’Etat. Ce service public est si important que l’Etat ne peut l’abandonner aux religions. Cet enseignement sera lui-même laïc, commun à tous les enfants...” Si l’Algérie s’était inspiré des idées de Lechani et de bien d’autres intellectuels progressistes ont aurait évité à notre école et par là à notre pays ses errements. Mais comme le vin est tiré, il faut seulement ne pas le boire ! En sus de la politique et de la pédagogie, Lechani a d’autres centres d’intérêts moins absorbants peut être comme le sont la politique et la pédagogie, mais ils ont quand même leur importance dans la vie de notre instituteur. Il s’agit de l’aventure journalistique et des études berbères. Il fait partie de ceux qui ont crée “Alger républicain” et lui ont donné son esprit. Il est parmi les rares kabyles à obtenir des diplômes de berbère, au Maroc en 1919 et en Algérie en 1948. Emerveillé par sa langue maternelle, il a laissé à son sujet, des textes époustouflants de beauté. « Le vocabulaire kabyle est suffisamment riche pour permettre l’expression de la pensée et des sentiments avec nuance et précision. Il faut entendre les vieux montagnards de chez-nous, ceux en particulier qui ne se son jamais expatriés ou qui s’absentent rarement du pays - pour se rendre compte de la richesse de notre langue, de son élégance remarquable, de la souplesse de sa syntaxe, de la variété de ses formes, de la sagesse et de la poésie de ses expressions. Mais seule une langue pratique et un usage constant permettent d’en saisir les finesses et le génie, d’en goûter l’esprit. Ceux qui n’ont pas suivi les réunions de djemaâ, qui n’ont pas souvent assisté aux rencontres où se règlent les différends, aux conciliabules où se tranchent les affaires de famille, d’intérêt ou d’honneur, ne peuvent se faire une idée de la qualité des ressources verbales qu’elle met à la disposition des hommes qui participent aux discussions. Les séances de cette matière où s’affrontent des orateurs de classe maître de leur langue et de leur pensée, constituent un véritable régal qui charme et contente l’oreille », écrit-il pour dire tout l’amour qu’il porte à la langue kabyle. Son œuvre éditée en France, à titre posthume, en 1996, nous permet de saisir la finesse et la profondeur de ses analyses. Intellectuel kabyle, en avance sur son temps, Lechani mérite que l’on s’intéresse un peu plus à son œuvre.

Boualem B - La dépêche de Kabylie du 01 Juin 2005

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Published by Boualem B - La dépêche de Kabylie - dans Histoire
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commentaires

ganibardi 27/08/2008 16:45

bravo a toi mon arriere grand pere. maman et tout le reste de la famille nous fier de toi et de tout ce que tu as accompli. que ton ame repose en paix. et oui c'est mon arriere gran pere!!!!!

tanina 16/06/2007 12:25

Merci de nous faire partager l'oeuvre de ce pionnier que tous les Kabyles doivent porter ;

idir 16/05/2007 14:45

Azul , Dda muhend Lechani d izem n At Yiraten Yezga ibed ghef teqbaylit . Tanemmirt

mourad 03/05/2007 17:13

Bravo pour votre article sur cette grande personnalité historique de la kabylie contemporaine . L'Algérie ne retrouvera le chemin de sa mémoire que lorsqu'elle se réconciliera avec son passé  et les hommes qui l'ont bâti. Tanemmirt

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